Il me fallait absolument un jeu CPS2 à 6 boutons pour mes tests. N’en ayant malheureusement plus sous la main, je décide de transformer ma convert de 1944 The Loop Master en Super Street Fighter II X (aussi appelé Super Street Fighter II Turbo).

Une révision 7 en PAL G, cette board est vraiment parfaite.

La difficulté va plutôt être du côté des ROMs graphiques. À la base, ce jeu avait une carte supplémentaire accueillant pas moins de quarante EPROMs 😆 (il existe heureusement une version plus compacte de cette carte fille avec douze mask ROMs). Évidemment pour cette conversion, je ne dispose pas d’une telle ROM board. Il faut donc concaténer les ROMs (les grouper), pour utiliser le moins d’EPROMs possible (on pourrait aller jusqu’à huit pour les graphismes). Bref, pour se simplifier la vie, on peut partir sur l’archive ssf2t.zip (facile à trouver sur le web) et regrouper les ROMs comme suit :
- 13 + 14 + 21
- 15 + 16 + 23
- 17 + 18 + 25
- 19 + 20 + 27

On passera de douze à seulement quatre ROMs 😀 et tant qu’on y est, toujours pour économiser les EPROMs, on va aussi regrouper les ROMs 11 et 12 (contenant les bruitages). Pour se faire, il suffit d’utiliser une commande (via l’invite de commandes sous windows par exemple) : copy /b sfx.11m + sfx.12m fichier-de-destination.extension-choisie. Le principe est bien entendu le même pour les ROMs 13 à 27, exemple :
copy /b sfx.15m + sfx.16m + sfx.23m fichier-de-destination.extension-choisie
Coté EPROMs, globalement, il nous faut :
- 2 x 27C010 (ou 27C1001) → ROMs 1 et 2
- 7 x 27C4096 (ou 27C4002 ou 27C240) → ROMs 3 à 9*
- 5 x 27C322 → ROMs 11, 13, 15, 17, 19
*attention les ROMs 3 à 8 doivent impérativement être en version phœnix (décryptées) puisqu’il s’agit d’une conversion (donc sans pile et sans clé de cryptage)
Pour graver les ROMs 1 à 9, aucun problème, il suffit de sélectionner le bon modèle d’EPROM dans le logiciel lié à votre programmateur et c’est parti !

Niveau réglages, pour assurer le coup, je coche les options suivantes :
- Pin Detect
- Verify after
- Blank Check
- Check ID
Je paramètre également le VPP Voltage sur 12.50V (les autres réglages peuvent demeurer inchangés).
Pour les ROMs 11 à 19, c’est une autre histoire. J’utilise un programmeur TL866II Plus (modèle assez basique et relativement commun). Un adaptateur est nécessaire pour les EPROMs 27C322 et cela impose de flasher par bank (portion) de seulement 512ko. Nos ROMs graphiques concaténées en font 4096. Il va donc falloir les splitter (diviser) en huit parties de 512ko, que l’on programmera l’une après l’autre sur chaque EPROM. Pour faciliter la séparation, j’utilise le programme split.exe (sous Windows) qui fonctionne en ligne de commandes :

Nous obtenons ainsi huit fichiers par ROMs (je recommande de les renommer pour les identifier facilement et éviter les erreurs). L’adaptateur a un sélecteur de bank. Pour chaque EPROM, on commence par flasher la bank 0, puis 1… jusqu’à 7. C’est un peu fastidieux mais ça fonctionne parfaitement.

Je place les EPROMs fraichement gravées sur la B board.

Remarque : n’hésitez pas à étiqueter vos EPROMs pour éviter de les mélanger.
On a presque fini mais il reste une étape essentielle, vérifier la configuration des jumpers de la carte (et la modifier le cas échéant). Ils doivent être comme suit (S pour soudé et O pour ouvert) : SOOS SO OSOSOS SOSOSOSO SOSOSOSO.

Remarque : arrivé à ce point, le jeu devrait fonctionner, alors si vous êtes convaincu d’avoir tout fait correctement, mais qu’il démarre avec des glitch (des bouillies de pixels localisées) il est très probable qu’il faille revérifier la configuration des jumpers avec un testeur de continuité. Selon les cas, il faudra peut-être mettre un coup de cutter entre les pastilles de certains jumpers pour rompre le lien.

Vous pouvez enfin replacer la carte dans sa coque pour tester votre nouveau SSF2X !
Remarque : sur les révisions plus anciennes de B board (93646B-3 ou 93646B-4), en fonction du PAL utilisé, une modification est nécessaire pour la partie audio. Avec un PAL BGSB3G, il faudra relever le pin 9 de ce dernier pour le relier au pin C13 du connecteur CN3. Avec un PAL BGSB3F, c’est le pin 7 qu’il faudra connecter (toujours en C13 sur CN3).


Ajout d’étiquettes pour le style :



Allez, à nos sticks 😎 !
Remarque : si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en commentaires.


Joli bricolage ! Bravo